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N’hésitez pas à commenter et argumenter votre point de vue. N’hésitez pas non plus à choisir une autre destination, le système solaire est tellement riche qu’il existe un grand nombre de destination possible pour une mission ambitieuse.

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De nouvelles images du futur lanceur géant SLS de la NASA.

Le SLS de la NASA.

Le SLS de la NASA.

Depuis la fin des navettes spatiales américaines en juillet 2011 et l’abandon du programme Constellation en 2010 (programme lancé par George W.Bush en 2004 avec pour objectif un retour sur la Lune en 2020), la NASA se concentre sur deux grands projets: la capsule Orion (MPCV) de 6 personnes destinée à l’exploration humaine du système solaire ainsi que le lanceur super-lourd SLS (pour Space Launch System), capable de mettre en orbite les éléments nécessaires à des missions lointaines. Ce mastodonte, digne successeur de la Saturn V, sera en effet en mesure de mettre jusqu’à 130 tonnes en orbite basse (70 tonnes pour la première version), de quoi assembler de grandes structures spatiales pour un voyage vers la Lune, Mars ou encore un astéroïde. L’autre grand avantage de ce lanceur concerne l’exploration robotique du système solaire. Il permettra en effet, en plus d’emporter un plus grand nombre d’instruments scientifiques, d’insérer les sondes sur des trajectoires directes alors qu’à l’heure actuelle une assistance gravitationnelle est souvent nécessaire. Cela permettra de réduire de plus de la moitié les temps de voyage vers les planètes géantes ou leurs lunes. La NASA évoque notamment une possible mission de récupération d’échantillons dans les geysers d’Encelade, une des lunes de Saturne. Mais la mission qui reçoit en ce moment le plus de soutient de la part des politiques, des scientifiques et d’organisations telles que la Planetary Society est certainement celle à destination d’Europe, la célèbre lune de Jupiter. Cette mission, connue sous le nom d »Europa Clipper », consisterait à étudier si Europe est, ou a été, capable d’accueillir la vie. Il existe aujourd’hui une vraie communauté aux Etats-Unis qui pousse pour que le congrès et la Maison Blanche valide cette mission en 2015. Le lancement d’Europa Clipper serait une très bonne nouvelle pour le SLS qui subit actuellement de nombreuses critiques quand à sa réelle utilité. Le premier vol du lanceur est prévu pour décembre 2017, avec le lancement d’une capsule Orion qui effectuerait un survol de la Lune et un retour à grande vitesse sur Terre pour tester le bouclier de la capsule. La deuxième mission n’est pas prévue avant 2021 avec un vol habité vers un astéroïde pour le capturer et l’amener en orbite lunaire, en vu de l’étudier et possiblement de l’exploiter. Bien évidemment, le futur du SLS est encore assez incertain et l’arrivée massive du spatial privé (SpaceX a déjà évoqué un lanceur de la même catégorie) pourrait très bien remettre en question son avenir.

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La coiffe du SLS.

La coiffe du SLS.

Une nouvelle vidéo de robosimian.

Le mythique Jet Propulsion Laboratory (JPL) vient tout juste de dévoiler une nouvelle vidéo de son dernier robot, nommé robosimian, ou plus affectueusement « Clyde » par ses créateurs. Pour rappel, le JPL est le laboratoire de référence pour tout ce qui concerne l’exploration robotique du système solaire. La grande majorité des sondes américaines ont été conçues par ce labo, y compris le rover Curiosity, actuellement en plein travail sur Mars. Bien que la plupart de leurs robots soient dotés de roues, ils ont quand même développés d’autres configurations et notamment des machines se mouvant grâce à des « pattes » mécaniques. On peut par exemple citer le robot LEMUR, développé pour être capable d’effectuer des opérations de maintenance sur des structures spatiales (vidéo ici). C’est donc à partir de ce savoir-faire que Brett Kennedy (l’homme responsable de la conception du bras robotique de Curiosity) a décidé de mettre sur pied une équipe au JPL pour concourir au Darpa Robotics Challenge. Robosimian est le résultat de plus d’un an d’efforts intensifs et grâce à leur belle cinquième place acquise à Miami, en décembre dernier, l’équipe va pouvoir recevoir 1 million de dollars supplémentaire de la part de la DARPA pour poursuivre le développement de son robot en vue de remporter l’épreuve finale, fin 2014, avec 2 millions de dollars à la clé. La vidéo ci-dessus présente les performances de Clyde lors de l’épreuve en Floride. Le robot n’a pas tenter toute les tâches car l’équipe n’était pas encore prête (grimper une échelle, conduire une voiture) mais ils travaillent pour remédier à ces lacunes ainsi que pour améliorer l’autonomie et la vitesse de leur machine.

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Robosimian du JPL.

Le Robosimian du JPL.

Un nouvel âge d’or pour le spatial ? (partie 3)

Le rover "Yutu" s'éloignant son atterrisseur.

Le rover « Yutu » s’éloignant de son atterrisseur.

Le 14 décembre 2013 restera sans aucun doute une date importante dans l’histoire de l’exploration spatiale. C’est en effet la date qu’a choisie la Chine pour poser sa mission Chang’e 3 (CE-3) sur la surface lunaire, une première pour ce pays qui petit à petit rejoint les grandes nations historiques du spatial. La sonde, lancée le 1er décembre 2013 par une fusée Longue Marche 3B et insérée en orbite le 6, comprend un atterrisseur et un rover nommé Yutu, soit « Lapin de Jade » en français. C’est la 3ème mission lunaire chinoise (après Chang’e 1 en 2007 et chang’e 2 en 2008) mais sa première mission sur le sol lunaire (les deux précédentes sondes n’étaient « que » des orbiteurs). La dernière sonde à s’être posée sur la Lune était celle de la mission Luna 24 de l’URSS, en 1976 (les indiens ont néanmoins envoyé un impacteur lors de leur mission Chandrayaan) et c’est donc un événement assez exceptionnel que nous avons pu vivre en direct le 14 décembre dernier. D’abord parce que, grâce progrès de la technologie depuis 76, les qualités d’images permettent de mieux profiter du spectacle et aussi parce que tout s’est déroulé à la perfection. La Chine a en effet réalisé un sans faute jusqu’à maintenant et a su communiquer au public les informations et les images concernant les étapes cruciales. Sur la vidéo ci-dessous on peut ainsi voir la phase d’approche et d’atterrissage filmée en direct par une caméra embarquée (remarquez notamment la phase de vol stationnaire  destinée à choisir automatiquement le site d’atterrissage).

Après une période de sommeil d’environ 2 semaines due au froid glacial de la nuit lunaire, le rover Yutu vient tout juste de se réveiller pour entamer une campagne d’expérimentations scientifiques et techniques. Bien qu’il soit équipé d’instruments scientifiques comme un radar, deux spectromètres ou encore un télescope extrême UV, la finalité réelle de cette mission est d’abord technologique (en plus d’un apport certain au niveau de l’image que veut donner la Chine au Monde et à sa propre population). Chang’e 3 entre en effet dans un programme à long terme d’exploration lunaire, le CLEP (Chinese Lunar Exploration Program), et les technologies acquises serviront pour les missions futures. D’abord, chang’e 4 devrait être envoyée en 2015 et sera grosso modo, avec quelques améliorations, une réplique de chang’e 3 (en fait les chinois construisent leurs missions par paires pour s’assurer d’en réussir au moins une). La prochaine grande étape du CLEP sera la mission chang’e 5 prévue pour 2017. Celle-ci consistera en effet à poser un engin sur le sol lunaire, à en extraire des échantillons et à les ramener sur Terre. Contrairement aux missions similaires que réalisaient les soviétiques, la mission comprendra un rendez-vous automatique en orbite lunaire juste avant le retour sur Terre. Acquérir cette technologie représentera un progrès énorme et surtout rapprochera encore un peu plus les chinois de leur objectif final (bien qu’officiellement la décision politique n’ait pas encore été prise, les scientifiques chinois, eux, expriment clairement leur vision) qui est de poser un homme sur la Lune vers 2025.

La Terre vue depuis la Lune par l'atterrisseur de Chang'e 3.

La Terre vue depuis la Lune par l’atterrisseur de Chang’e 3.

A côte de ce programme lunaire les chinois ont déjà exprimés leur souhait de lancer une mission vers Mars. Normalement une première sonde, Yinghuo-1, aurait dû atteindre Mars en 2012 mais son vaisseau-mère d’origine russe, Phobos-Grunt, a échoué à quitter l’orbite terrestre et est retombé dans l’océan en janvier 2012. On peut facilement imaginer que ce n’est que partie remise pour les chinois. Cet échec aura quand même une répercussion importante: celle de permettre à l’Inde de lancer sa propre mission vers Mars avant et ainsi devenir la première nation asiatique à atteindre la planète rouge dans l’Histoire. Après l’avance acquise par la Chine face à son ambitieux voisin, c’est une aubaine pour réaliser un coup d’éclat. La mission se nomme sobrement Mars Orbiter Mission (MOM) et a été envoyée le 5 novembre 2013. Depuis, tout semble se dérouler comme prévu et elle parcourt actuellement le trajet de 10 mois qui la mènera en orbite martienne. Là encore, c’est avant tout une mission de prestige et de démonstration technologique que l’ISRO (l’agence spatiale indienne) mène et cela devrait lui permettre d’envisager des missions interplanétaires bien plus ambitieuses dans le futur. C’est d’ailleurs l’année prochaine que l’on devrait voir la prochaine mission indienne qui sera cette fois-ci à destination de Venus (Venus Orbiter Mission) et dont les caractéristiques devraient être assez voisines de celles de MOM. De plus, autour de 2017, l’ISRO devrait aussi envoyer Chandrayaan-2 vers la Lune pour une mission semblable à chang’e 3, c’est à dire composée d’un atterrisseur et d’un rover. Une autre sonde, nommée Aditya, devrait quand à elle partir étudier le Soleil la même année. Il semble désormais que l’activité astronautique se déplace petit à petit vers l’Asie et il sera intéressant de voir quelle sera la réaction des nations historiques du spatial. Dans la quatrième partie de ce dossier nous parlerons justement des prochaines missions américaines et européennes.

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L'atterrisseur de la mission Chang'e 3après avoir déposé son rover "Yutu".

L’atterrisseur de la mission Chang’e 3 après avoir déposé son rover « Yutu ».

Sélection de vidéos.

Avant la publication de la 3ème partie du dossier sur l’avenir du spatial, j’aimerai partager avec vous quelques vidéos relativement récentes et intéressantes. D’abord, comme promis, des vidéos du Darpa Robotics Challenge. La vidéo ci-dessus montre la démonstration complète de Boston Dynamics lors du DRC avec en vedettes les robots LS3 (le premier) et Wildcat (le tout dernier robot de la nouvelle filiale de Google). Ci-dessous, vous pourrez voir un autre robot appartenant maintenant à Google: S-One de la startup japonaise Schaft Inc. C’est ce dernier robot qui a remporté haut la main l’épreuve de décembre dernier à Miami. Dans la première vidéo c’est l’épreuve de l’escalier qui a seulement été réussie par deux équipes. Dans la deuxième vidéo vous pourrez voir un petit reportage sur differrentes équipes mais la partie la plus intéressante commence à 1 minute, où l’on peut voir S-One se déplacer avec relativement d’aisance sur des parpaings désordonnés. Comme vous pouvez vous en apercevoir, le robot est encore très lent pour prendre ses décisions (en sachant qu’il a été le meilleur) et de grands progrès sont attendus en décembre prochaine.

J’aimerai ensuite vous montrer deux vidéos d’autres robots du DRC avec d’abord celui du JPL, robosimian. Ce dernier est un mixte inspiré des crabes et des singes. Il possèdes quatre membres qui lui font office aussi bien de « jambes » que de « bras », avec des pinces à chaque extrémités. C’est le seul robot de la compétition à se déplacer de cette manière et il semble, qu’avec une belle 5ème place, le concept soit efficace. La deuxième vidéo nous présente le magnifique Valkyrie du centre Jonhson de la NASA. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il prend son temps et cela permet de mieux comprendre pourquoi il est arrivé dernier à la compétition avec 0 points: ce robot vient tout juste d’être terminé et l’équipe n’a quasiment pas eu le temps de le programmer et de le tester. Ils promettent que pour l’épreuve finale, en décembre 2014, les choses seront bien différentes.

Enfin, pour terminer, je vous transmet une vidéo de la prochaine amélioration dont va bénéficier Robonaut 2 (R2) qui est actuellement dans la station spatiale internationale (vidéo de son arrivée). Le robot collaboratif destiné à aider les astronautes dans les tâches dangereuses ou répétitives sera en effet doté prochainement de « jambes » géantes quelque peu étranges qui lui permettront de se déplacer dans la station grâce à un pilote resté sur Terre (bien que des plans ultérieurs prévoient son utilisation en dehors de la station voir même sur le sol lunaire ou martien). Les améliorations de R2 devraient être envoyées vers l’ISS à bord de la capsule Dragon de SpaceX lors de la mission cargo CRS 3, en février prochain.

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Un nouvel âge d’or pour le spatial (partie 2)

Nous allons dans cette partie nous intéresser au domaine encore naissant du suborbital. Pour rappel l’objectif pour les sociétés impliquées dans ce secteur est de permettre au plus grand nombre (vous y compris) d’avoir accès à l’espace, c’est à dire d’atteindre la célèbre frontière des 100 km d’altitudes. On compte à l’heure actuelle un grand nombre de projets bien que pour certains la route semble encore longue (voir impossible). Pour les énumérer, voici, à ma connaissance, les sociétés impliquées: Virgin Galactic, Blue Origin, XCOR Aerospace, Swiss Space Systems, Talis Enterprise, Bristol Spaceplanes Ltd et potentiellement Airbus. Le projet le plus avancé est sans aucun doute celui de Virgin Galactic (vidéo résumant leurs progrès en 2013) et le troisième vol propulsé d’hier le prouve (vidéo ci-dessus. SpaceShipTwo a atteint lors de ce vol Mach 1.4 et une altitude de 21.6 km grâce à une phase propulsé de 20 secondes). Richard Branson (le fondateur de Virgin) et ses enfants devraient prendre place lors du 1er vol commercial du SpaceShipTwo qui devrait avoir lieu cette année (bien que l’on commence à désespérer) et qui sera retransmis en direct sur la chaîne américaine NBCUniversal. On devrait voir le rythme des essais en vol augmenter significativement au cours de cette année.

Le SpaceShipTwo de Virgin Galactic lors de son  3ème vol propulsé le 10 janvier 2014.

Le SpaceShipTwo de Virgin Galactic lors de son 3ème vol propulsé le 10 janvier 2014.

L’autre grand projet suborbital est celui de Jeff Bezos (le fondateur d’Amazon) et de sa société Blue Origin. Bien que très secrète, l’aventure spatiale de celui qui est d’ores et déjà considéré comme le successeur de Steve Jobs comprend désormais plus de 300 employés et son concept d’engin à décollage et atterrissage vertical, le New Shepard, avance lentement mais surement. Le 3 décembre dernier Blue Origin a notamment publiée une vidéo (ci-dessous) d’un test de leur moteur BE-3, simulant ainsi un vol complet du New Shepard (avec rallumage du moteur). La société reste très évasive concernant la date de mise en service de son véhicule mais on devrait bientôt en savoir plus. A côté de son activité suborbitale elle conçoit aussi actuellement un lanceur et une capsule habitée pour atteindre l’orbite basse et notamment l’ISS. Le premier vol est prévu pour 2017.

Dans l’ombre de ces deux « géants » il existe des projets un peu moins connus et dotés de moins de moyens mais tout aussi ambitieux. D’abord celui le mieux parti pour les concurrencer: le Lynx d’XCOR. Bien que pour l’instant il n’a toujours pas effectuer son premier vol (même non propulsé), il est très probable que 2014 sera l’année de ses débuts. Un projet qui sera intéressant à suivre. Enfin pour finir je mentionnerai rapidement 3 autres projets beaucoup plus lointains avec d’abord celui de Swiss Space Systems (S3) qui envisage de transformer sa petite navette destinée dans un premier temps au lancement de charges utiles de 250 kg en un moyen de transport habité suborbital (image ci-dessous). L’équipe, en plus de sembler très sérieuse et de posséder un budget conséquent, est originaire du vieux continent et l’on ne peut que se réjouir de voir un tel projet dans nos contrés. Ce n’est d’ailleurs par la seule société européenne ayant des vues sur le suborbital. En effet, Talis Enterprise, une société allemande, souhaite aussi mettre au point une navette suborbitale capable de transporter 5 passagers à 130km d’altitude (pour voir une vidéo de leur projet c’est ici). Et enfin je mentionnerai le projet Ascender de Bristol Spaceplanes Ltd, une startup anglaise. Il est évident que ces deux derniers projets devront, pour réusssir, encore surmonter de nombreuses épreuves, dont la plus difficile: trouver les fonds nécessaires. Dans la troisième partie nous discuterons des missions, récentes ou à venir, d’exploration spatiale menées par les agences spatiales nationales.

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La navette SOAR sur le dos d'un airbus A300.

La navette SOAR de Swiss Space Systems sur le dos d’un airbus A300.

Un nouvel âge d’or pour le spatial ? (partie 1)

Depuis l’été dernier on peut dire qu’il s’est passé pas mal de choses, au niveau mondial, dans l’astronautique. Dans cette première partie je ferai d’abord le point sur le spatial privé aux Etats-Unis qui connait en ce moment même de grands succès qui portent probablement en eux les prémices d’une révolution imminente dans ce domaine. A la tête de ce mouvement, que certains nomment « NewSpace », on retrouve bien évidemment le désormais célèbre Elon Musk et sa société SpaceX. Le fait majeur concernant l’entreprise californienne est sans aucun doute la mise en service de la version v1.1 de son lanceur Falcon 9 (en vidéo ci-dessus lors de sa dernière mission) le 29 septembre dernier avec la mise en orbite de CASSIOPE, un satellite scientifique destiné à étudier les tempêtes solaires. Cette nouvelle version du lanceur possède de nouveaux moteurs (Merlin 1D) plus puissants, des étages plus longs et donc une capacité d’emport plus grande (13 tonnes en orbite basse et 4,8 tonnes en orbite géostationnaire). Le second vol de la v1.1 a eu lieu le 3 décembre dernier et a permis à SpaceX de réaliser sa première mission commerciale en orbite de transfert géostationnaire (GTO) en plaçant le le satellite de communication SES 8. Une troisième mission, très semblable à la précédente, vient tout juste d’avoir lieu (lancement de Thaicom 6 le 6 janvier 2014, vidéo ci-dessus). Ces lancements sont primordiaux pour SpaceX car ils lui permettent de s’attaquer au marché important du GTO et ainsi de commencer réellement ses opérations commerciales de manière régulière (la société n’a jamais réalisée plus de 3 lancements en une année par an alors que pour 2014 elle en envisage une douzaine soit environ un lancement par mois). Ces 3 succès d’affilé sont donc de bon augure pour la suite et les concurrents, notamment Arianespace, commencent à prendre la menace SpaceX très au sérieux.

La Falcon Heavy de SpaceX.

La Falcon Heavy de SpaceX.

En plus de ce carnet de vol ultra chargé, SpaceX envisage aussi, pour 2014, de réaliser le premier lancement de sa Falcon Heavy, son lanceur lourd capable de transporter 53 tonnes en orbite basse et 21 tonnes en GTO. Il s’agira du lanceur le plus puissant en activité. D’abord utilisé pour des contrats avec l’US Air Force, il devrait servir pour les plans de conquête de Mars d’Elon Musk bien qu’il ait évoqué un lanceur encore plus lourd pour ces missions (on devrait d’ailleurs en savoir plus cette année sur son mystérieux MCT-Mars Colonial Transporter). Toujours dans le cadre de la diminution drastique des coûts de lancement, la société californienne devrait aussi réaliser de grands progrès au niveau de la réutilisabilité et ce dès le prochain vol, en février 2014, avec l’installation probable sur la Falcon 9 de « pieds » pour l’atterrissage. Après Grasshopper, de nouveaux tests seront aussi lancés au nouveau-mexique sur une version proche du lanceur commercial. A côté de son activité lanceur, SpaceX développe aussi la version habité de sa capsule Dragon et cette année deux étapes critiques son prévues dans le cadre du programme CCiCap de la NASA: d’abord un « pad Abort test » avec la capsule Dragon s’échappant du sommet d’une Falcon 9 sur son pas de tir et ensuite un « In-Flight Abord test » où cette fois ci la capsule s’éjectera du lanceur en plein de vol. Ces tests cruciaux pour la sécurité des futurs astronautes sont prévus pour cet été. Enfin SpaceX testera aussi son tout nouveau moteur, le Raptor, qui présentera la particularité de fonctionner au méthane (et au LOX). Ce moteur équipera les étages supérieurs des futurs lanceurs de la compagnie et devrait être le premier d’une famille qui servira les projets martiens d’Elon Musk.

Le cargo Cygnus d'Orbital Science Corporation en approche de l'ISS.

Le cargo Cygnus d’Orbital Sciences Corporation en approche de l’ISS.

Pour terminer cette première partie j’aimerai aussi mentionner les derniers accomplissements de la société Orbital Sciences Corporation. Bien que moins ambitieuse que SpaceX, cette entreprise américaine de 3700 employés est néanmoins un acteur majeur du spatial grâce notamment à son activité de construction de satellites mais aussi de lanceurs. Son dernier en date se nomme Antares et a été conçu pour envoyer le cargo Cygnus (construit en collaboration avec Thales notamment) à destination de la station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme de ravitaillement de la NASA (dont fait aussi partie la capsule Dragon de SpaceX). Antares vient tout juste (9 janvier 2014, vidéo du lancement ici) de mettre en orbite son deuxième cargo Cygnus qui rejoindra l’ISS le dimanche 12 janvier. C’est le troisième lancement sans fautes d’Antares et la société envisage de l’ouvrir au secteur commercial. Du côté des projets futurs il est clair qu’ils sont moins nombreux que chez SpaceX mais on peut quand même noter la mise au point du lanceur aéroporté qui sera lancé depuis le plus grand avion de l’histoire en construction chez stratolaunch, la startup de Paul Allen (le cofondateur milliardaire de Microsoft). Le programme aurait pu être plus chargé si le projet de navette spatiale Prometheus (image ci-dessus) d’Orbital avait été sélectionné par la NASA en 2011 (cette dernière a plutôt choisie de soutenir une autre navette, le Dream Chaser, dont nous reparlerons prochainement, ainsi que les capsules habités Dragon de SpaceX et CST-100 de Boeing).

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Le projet annulé de navette spatiale Prometheus.

Le projet annulé de navette spatiale Prometheus.

Les nouveaux projets de drones de l’US Air Force.

le SR-72 de Lockheed Martin

Le SR-72 de Lockheed Martin

Si vous vous intéressez à l’aéronautique il est peu probable que vous ayez raté l’annonce du projet de drone hypersonique de Lockheed Martin, le SR-72. En effet, cet aéronef destiné à l’US Air Force est le successeur du mythique SR-71 « Blackbird », l’avion développé par cette même compagnie dans les années 60 dans le but d’effectuer des opérations de reconnaissance en territoire ennemi. Le Blackbird, retiré du service en 1998, était capable d’atteindre MAch 3,3 (3,540+ km/h) et avait une portée de 5400 km. Depuis plusieurs années de nombreuses spéculations ont été faites concernant le futur aéronef du célèbre bureau d’étude Skunk Works de Lockheed Martin, déjà à l’origine des U-2, A-12, F-117 et SR-71. La rumeur évoquait notamment un avion de reconnaissance nommé « Aurora » (souvent associé à des affirmations plus ou moins farfelues d’amateurs d’Ovnis et autres ufologues). Rien de bien concret en somme. Aujourd’hui on en sait un peu plus sur les plans de l’armée de l’air américaine pour réaliser ses missions de reconnaissance et c’est l’utilisation massive de drones furtifs qui semble être le nouveau créneau. Il y a d’abord eu le drone RQ-170, qui aurait été capturé par l’Iran en décembre 2011. Aviation Week a dévoilé récemment le projet SR-72 ainsi que celui du successeur du RQ-170, le RQ-180 (deux drones construits par Northrop Grumman, la société à l’origine du fameux B-2 « Spirit »). Ces deux drones, bien que très différents, entrent en concurrence dans les budgets de l’US Air Force étant donné que ceux sont tous les deux des engins de reconnaissance. Le SR-72 est capable d’atteindre Mach 6 grâce à des superstatoréacteurs  et serait capable d’effectuer des frappes aériennes en un temps très cours ainsi que des attaques électroniques (pour un bon article sur ce drone je vous conseille celui d’Air Et Cosmos). Le RQ-180 lui est un drone de type aile volante, spécialité du constructeur Northrop Grumman, et ne sera certainement pas supersonique. Il sera en revanche doté d’une grande furtivité et d’une autonomie en vol de 24 h (contre 5-6 h pour le RQ-170) et il sera capable lui aussi d’effectuer de la guerre électronique (mais pas de frappes aériennes). Une représentation de ce que pourrait être le RQ-180 a été fournie par Aviation Week (image ci-dessous) mais ce programme faisant parti des « black projects » de l’armée américaine il est très difficile de savoir exactement à quoi ressemble ce drone qui serait développé par ailleurs dans la mythique zone 51, au Nevada. Aujourd’hui c’est ce dernier projet qui semble avoir la faveur de l’Air Force notamment du fait de sa plus grande faisabilité par rapport au SR-72 et de sa disponibilité évaluée aux alentours de 2015 (le SR-72 rentrerait lui en service autour de 2030). Il n’est pas non plus impossible que les deux soient développés en parallèle. Avec les projets européens Taranis de BAE Systems et nEUROn de Dassault Aviation il semble bel et bien que les drones représentent l’avenir de l’aéronautique militaire.

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Le RQ-180, développé par Northrop Grumman.

Le RQ-180, développé par Northrop Grumman.

Quoi de nouveau en robotique ? (Partie 2)

Pour continuer le petit récapitulatif sur l’actualité robotique commencé dans l’article précédent, nous allons aborder quelques nouveautés importantes qui risquent de changer énormément de choses pour le futur de la discipline. Mais avant, j’aimerai finir sur le Darpa Robotics Challenge et discuter rapidement des points négatifs et des échecs. Car oui, bien que l’on puisse considérer que l’épreuve de Miami fût un grand succès il faut néanmoins noter qu’elle nous a permis de voir l’état réel de la robotique en 2013. Et le moins que l’on puisse dire c’est que nous sommes encore loin des robots du film Terminator ou encore d’I, Robot. En effet, quasiment tout les robots (bien que S-One s’en sorte mieux) sont encore très lents et ne possèdent que très peu d’autonomie (les machines étaient contrôlées en partie par des opérateurs à distance, avec une communication perturbée volontairement par les organisateurs de la DARPA comme ce pourrait être le cas en mission de secours). Il fallait quasiment 30 min pour que chaque robot puisse terminer une épreuve et pour certains ce temps était encore loin d’être suffisant. Un des objectifs principaux pour l’épreuve de décembre prochain concernera donc l’autonomie et la rapidité des robots, sachant que cette fois-ci, les 8 tâches seront réunies en un seul et même parcours. Il y a donc encore énormément de travail à réaliser pour les équipes du DRC. Pour finir et pour illustrer les difficultés de ce concours, on peut évoquer le cas du robot Valkyrie (photo ci-dessous et vidéo ici) du centre spatial Johnson de la NASA. C’est certainement le plus soigné d’un point de vue esthétique et design et ses concepteurs n’ont rien de débutants (ils sont à l’origine des célèbres robonaut dont une version est actuellement à bord de l’ISS) mais cela n’a pas empêché l’équipe d’obtenir le score catastrophique de 0 points. C’est la grosse déception de l’étape en Floride. Néanmoins, l’année prochaine devrait être une toute autre histoire et Valkyrie pourrait très bien prendre sa revanche, les ingénieurs de la NASA n’ayant eu que très peu de temps pour le programmer.

Le robot Valkyrie de la NASA.

Le robot Valkyrie de la NASA.

En dehors du DRC, je suis obligé de mentionner trois autres nouvelles importantes. D’abord, comme vous pouvez le voir dans la vidéo au début de l’article, Amazon a récemment annoncée qu’elle comptait utiliser des drones de petite taille pour délivrer des colis directement chez les particuliers. Le projet se nomme Amazon Prime Air et pourrait être lancé d’ici à 2015 bien qu’une nouvelle législation concernant les drones soit nécessaire (un pas important vient tout juste d’être franchi avec l’autorisation par la Federal Aviation Administration d’expérimenter librement des aéronefs autonomes ou non dans 6 sites répartis aux USA, avec l’ambition d’établir un règlement en 2015). Bien que ce service ne sera pas accessible à n’importe qui (la portée des drones limitera leur usage autour des villes et des centres de stockage d’Amazon) et qu’il ne permettra pas de livrer n’importe quoi, il sera intéressant de voir si ce nouveau service réussira à s’imposer, sachant qu’UPS et FedEx ont annoncées qu’elles travaillaient aussi sur cette technologie. En plus d’Amazon, il convient aussi de mentionner l’investissement massif d’Apple, à hauteur de 10 milliards de dollars, dans la robotisation de ses chaines de production, notamment aux USA. En plus de Foxconn qui a aussi engagé récemment l’installation d’un million de robots dans ses usines, il semble que le champ de la robotique industrielle soit en pleine explosion.

Enfin, et j’ai gardé le meilleur pour la fin, Google s’est décidé à envahir la robotique de manière inédite. En effet, en quelques mois, l’entreprise californienne a fait l’acquisition de 8 sociétés impliquées dans la robotique et parmi lesquelles Boston Dynamics et Schaft Inc (la startup à l’origine du robot vainqueur de l’épreuve récente du DRC). En plus de ces deux entreprises, Google a acquis Industrial Perception, Meka et Redwood Robotics, Bot & Dolly, Autofuss et Holomni. L’investissement total n’a pas été dévoilé mais il se chiffre probablement en plusieurs centaines de millions de dollars, autant dire que c’est du jamais vu. Cette nouvelle branche du célèbre moteur de recherche n’a pas encore de nom mais est dirigée par Andy Rubin, l’homme à l’origine du système pour mobiles Android et roboticien de formation. Pour l’instant Google n’a pas annoncée ses plans pour le futur mais un employé de Boston Dynamics présent à Miami en décembre dernier pour le DRC a indiqué que la robotique humanoïde faisait très probablement partie des plans du géant californien. Avec les fonds quasiment illimités de Google et les compétences des ingénieurs des sociétés acquises attendez vous à de grandes avancées dans les prochaines années. Pour conclure, une petite vidéo en bonus, enregistrée lors du DRC.

LS3 de Boston Dynamics

LS3 de Boston Dynamics

Quoi de nouveau en robotique ? (Partie 1)

Robosimian, le robot du JPL.

Robosimian, le robot du JPL.

Après une longue période d’inactivité par manque de temps, nous revenons aux affaires et le moins que l’on puisse dire c’est que l’actualité robotique en ce moment est riche, très riche. Nous allons dans ce post, ainsi que dans d’autres, effectuer un petit récapitulatif des événements marquants de ces derniers mois. D’abord, comme nous nous en parlions déjà dans plusieurs articles, le Darpa Robotics Challenge (DRC) organisé par la DARPA a bien eu lieu les 20 et 21 décembre derniers. C’est donc un peu plus d’un an après le lancement de ce concours de robotique que 16 équipes se sont réunies à Miami pour essayer de réaliser 8 tâches plus ou moins complexes (ouverture de valves, déplacement en terrain difficile, conduite d’un petit véhicule …). Les résultats sont accessibles sur le site du DRC et nous nous contenterons ici d’un simple résumé (dans un prochain article nous posterons les meilleures vidéos des épreuves). Donc pour en revenir au concours, chaque équipe devait tenter de récolter le plus de points possible sur les 32 réalisables (chaque épreuve pouvait rapporter jusqu’à 4 points) avec l’objectif d’arriver dans les 8 premières pour pouvoir obtenir un soutien financier de 1 million de dollars de la part de la DARPA et qui leur permettrait de continuer sereinement les préparatifs en vue de l’épreuve finale, en décembre 2014. L’équipe qui remportera ce concours gagnera la somme de 2 millions de dollars.

S-One, le robot de Schaft Inc.

S-One, le robot de Schaft Inc.

L’étape de Miami consistait donc en quelque sorte à une pré-sélection et à un entrainement grandeur nature. Il convient néanmoins de noter les équipes n’étant pas arrivée dans les 8 premières ont quand même le droit de continuer le DRC et de se présenter l’année prochaine. Il faut aussi se rappeler qu’il y a trois catégories d’équipes présentes dans ce concours: d’abord celles devant concevoir à la fois le robot et sa programmation (avec des fonds de la DARPA), celles devant coder un robot fourni par la DARPA (ATLAS) et enfin celles devant construire le robot et son software sans soutien financier de la DARPA. Les résultats maintenant: le grand vainqueur de cette étape est la startup japonaise Schaft Inc. avec son robot S-One (photo ci-dessus), en effet, sur les 32 points possibles, l’équipe nippone en a remporté 27. Ce score est assez incroyable et pour avoir regardé le live des épreuves sur le web, je peux vous assurer que cette équipe est largement en avance sur toute les autres. On comprend donc mieux pourquoi Google en a fait l’acquisition juste avant le concours (on reparlera de ce formidable événement qu’est l’arrivée de Google dans la robotique). Les ingénieurs de Schaft sont quasiment tous issus du même laboratoire de robotique de la très réputée université de Tokyo et cela explique leur avance, ce dernier laboratoire étant parmi les plus à la pointe dans le monde (les robots HRP, Kenshiro et bien d’autres). Pour voir une magnifique vidéo de leur robot c’est ici. Nous fournirons des vidéos de leur performance au DRC prochainement.

Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics

Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics

Ensuite, en deuxième place nous retrouvons le robot ATLAS (photo ci-dessus), construit par Boston Dynamics et fourni par la DARPA à 7 équipes. C’est IHMC Robotics, une équipe issue d’un centre de recherche en Floride, qui prend cette place avec 20 points. Sachant de qui est capable ce robot il n’est pas étonnant de le retrouver en très bonne place. En fait, parmi les 8 premières équipes, 5 sont équipées du robot ATLAS (aux 2, 4, 6, 7 et 8 ème place). Sachant que Boston Dynamics fait aussi partie des sociétés rachetées par Google avant le DRC, on commence à voir à quel point l’entreprise californienne à l’origine du célèbre moteur de recherche investit lourdement dans le secteur de la robotique. Comme avec le DARPA Grand Challenge à l’origine du projet de voiture autonome de Google, cette dernière profite de l’opportunité donnée par la DARPA dans le domaine de la robotique.

CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.

CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.

En troisième place c’est le robot CHIMP construit par l’université Carnegie Mellon que l’on retrouve avec 18 points. Contrairement aux robots bipèdes précédents, celui-ci se déplace grâce à des chenilles, bien qu’il soit capable de se redresser pour manipuler des objets. La forme humanoïde n’est en effet pas obligatoire pour concourir au DRC même si la grande majorité des robots le sont (étant donné que l’objectif final est de se mouvoir dans un environnement construit par et pour l’Homme). L’autre robot original présent à Miami en décembre dernier est le Robosimian (première photo de l’article) du JPL, le célèbre centre de la NASA à l’origine de la grande majorité des sondes d’exploration spatiale. Celui-ci à réussi à obtenir une vénérable 5ème place avec 14 points. Derrière la simple concours de robotique il y a aussi un enjeu important d’un point de vue technique: la forme humanoïde est-elle vraiment la plus adaptée pour réaliser ce genre de tâches ? CHIMP et Robosimian seront les seuls à pouvoir contrecarrer l’armée d’humanoïdes qui sera présente en décembre prochain, pour l’épreuve finale. Car en plus de S-One et des nombreux robots ATLAS, on devrait retrouver  le robot de Virginia Tech, THOR , qui ne concourait pas à Miami (l’équipe concevant THOR utilisait un autre robot, THOR-OP, moins performant pour l’épreuve de Miami. Les deux sont en photo ci-dessous, THOR étant le plus grand). Le robot Hubo devrait aussi être présent bien que sa prestation est été plutôt décevante. Enfin, on pouvait s’attrister du fait qu’il n’y ait aucune équipe européenne dans ce concours mais il semblerait que l’année prochaine un humanoïde en provenance du vieux continent sera présent pour essayer de s’imposer face aux mastodontes américains et japonais. Nous reparlerons de ce robot prochainement.

THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.

THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.

Hyperloop.

Le "pod" du système Hyperloop.

Le « pod » du système Hyperloop.

Elon Musk remet ça. Après Paypal, Tesla Motors, SolarCity et SpaceX voilà que l’homme que l’on compare au personnage fictif Tony Stark du film Iron Man dévoile un nouveau projet pour le moins ambitieux. Le cahier des charges est simple: relier San Francisco à Los Angeles en 30 minutes, être alimenter par énergie solaire, être dune fiabilité extraordinaire, notamment vis à vis des tremblements de terre (la Californie est une zone à fort risque sismique) et enfin le système doit être bien moins coûteux qu’un train à grande vitesse classique, monté sur rails. Et c’est justement ce dernier point qui a poussé Elon Musk a présenter son Hyperloop, en effet l’état de Californie a récemment annoncé qu’il allait construire une ligne à grande vitesse pour relier ses deux grandes villes principales mais le problème, pour l’entrepreneur originaire d’Afrique du Sud, c’est justement que le coût de ce réseau est évalué à environ 60 milliards de dollars. Beaucoup trop à ses yeux pour un système pas forcément révolutionnaire en terme de vitesse. Il a donc décidé de lancer, il y a un an, des études sur le concept de l’Hyperloop. C’est donc avec l’appui d’ingénieurs de Tesla et de SpaceX qu’il a peaufiner son idée initiale et qu’il a présenté les résultats le 12 août 2013 (un pdf de 57 pages téléchargeable en cliquant ici). Voici les grandes lignes de ce cinquième moyen de transport: un système de deux tubes, l’un à coté de l’autre, est installé en hauteur grâce à des pylônes. Grâce à des pompes, une faible pression est instaurée dans ces tubes (attention on ne fait pas le vide, comme il l’a souvent été supposé. Cela permet d’être relativement insensible aux éventuelles fuites et les pompes nécessaires ne sont pas excessivement coûteuses, comme c’est le cas lorsque l’on souhaite instauré un vide poussé). Cette basse pression permet de réduire la friction mais cela ne suffit pas car si l’espace entre les parois du tube et le pod est faible alors ce dernier agît en quelque sorte comme une seringue et pousse l’air vers l’avant en le compressant. C’est sur ce point que repose l’idée principale de Musk: sur le nez de chaque pod (pouvant transporter chacun jusqu’à 28 passagers) serait installé un compresseur électrique (une sorte de gros ventilateur) qui permettrait de transférer les hautes pressions du devant vers l’arrière (Musk fait l’analogie avec une pompe montée devant la seringue qui aspirerait l’air, facilitant ainsi l’avancé du piston). Le second point essentiel associé à cette solution est que ce système permettrait de créer un « coussin d’air » en dessous du pod et ainsi celui-ci serait en suspension sur cette couche d’air haute pression, à la manière du Air Hockey.

Les pods comme celui-ci partiraient des stations toute les deux minutes.

Les pods comme celui-ci partiraient des stations toute les deux minutes. On aperçoit le compresseur sur le nez du pod.

Le dernier élément nécessaire au fonctionnement de l’Hyperloop concerne évidemment la propulsion des pods. Elon Musk envisage pour cela d’utiliser les forces électromagnétiques (voir à ce sujet les railguns). Il serait monté sur environ 1 % du trajet des moteur électriques à induction, similaire à ceux présents dans la Tesla Model S (donc pas de rupture technologique à prévoir de ce côté). Les pods seraient ainsi accélérés environ tous les 110 km mais leur vitesse resterait subsonique (vitesse moyenne de 960 km/h et vitesse maximale de 1220 km/h). Enfin il convient d’aborder le coût estimé d’un tel projet car c’est sur ce point que l’Hyperloop frappe vraiment fort face à son concurrent sur rails. Au lieu de 60 milliards de dollars, Musk et son équipe estiment qu’il faudrait 6 milliards de dollars pour construire leur système de transport (10 milliards pour la version doté des pods améliorés permettant d’emporter des véhicules en plus des passagers), soit dix fois moins. Le projet est ambitieux et comme le milliardaire le dit lui même, il ne l’a pas crée pour ramasser des sommes énormes d’argent (il faudrait au moins 20 ans, à 20 dollars le ticket, pour amortir l’investissement initial). Néanmoins, bien qu’il s’estime déjà surbooké avec Tesla et SpaceX (hum, étonnant !), il semblerait qu’il désire construire au moins un prototype de l’Hyperloop, tout en espérant que quelqu’un d’autre relèvera le défis par la suite. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a ouvert ce projet en open source.

Un pod et ses passagers. Ceux-ci ne devraient pas subir d'accélérations supérieures à 1 g.

Un pod et ses passagers. Ceux-ci ne devraient pas subir d’accélérations supérieures à 1 g.

Des nouvelles du Google Lunar X Prize.

Annoncé en septembre 2007, le Google Lunar X Prize (GLXP) est un concours au sein duquel différentes équipes s’affrontent pour réussir à envoyer les premiers un robot sur la Lune. Celui-ci doit se poser, avant le 31 décembre 2015, sur la surface selene, se déplacer sur au moins 500 m et envoyer des images et des données vers la Terre. La somme de 30 millions de dollars est en jeux, répartie en plusieurs prix donc un principal de 20 millions destiné à la première équipe qui réussira à accomplir ces performances. La deuxième remportera quand à elle 5 millions de dollars. Le reste pourra être remporté par les équipes réalisant des tâches supplémentaires. Ce concours, organisé par la fondation X-Prize et soutenu financièrement par Google, est la suite du célèbre Ansari X-Prize qui a vu la victoire de SpaceShipOne et ainsi entraîné la création de Virgin Galactic par Richard Branson. Pour augmenter l’enjeu, les organisateurs ont de plus décidé de faire passer le grand prix de 20 millions à 15 millions de dollars dans le cas où un rover lunaire serait envoyé par un état quelconque avant qu’une équipe du GLXP ne le fasse. Malheureusement pour celles-ci, il semble que la Chine enverra son rover (Chang’e 3) en décembre prochain et aucune équipe ne paraît en mesure de tenter une mission avant cette date. Sur les 22 équipes, seulement 2 ont à l’heure actuelle un contrat de lancement signé: Astrobotic devrait lancer son lander et son rover grâce à une Falcon 9 de SpaceX en octobre 2015 et Barcelona Moon Team devrait en faire de même en juin 2015 grâce à un lanceur Chinois Long March 2C. En plus de ces deux équipes qui partent forcément favorites grâce à ces contrats de lancement, on peut aussi citer la start-up Moon Express qui, bien qu’elle n’ai pas encore de contrat, semble posséder une équipe de très haut niveau et est surtout financé par le milliardaire Naveen Jain (un lander, développé avec la NASA, peut être vu dans cette vidéo). Sur la vidéos en début d’article sont présentées les différentes avancées réalisées par plusieurs équipes. Néanmoins ce concours commence à dater quelque peu et de nombreuses critiques ont été émises remettant en cause la faisabilité de réaliser une telle mission avec si peu de moyens. Attendons donc 2015, année qui devrait voir la première mission tentée par un des concurrents.

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Le Google Lunar X Prize

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