FuturScience

Le crowdfunding à la rescousse de l’astronautique. Partie 1.

Nous abordons aujourd’hui un sujet très intéressant et certainement très prometteur pour l’avenir de l’astronautique (et de bien d’autres domaines, comme la robotique): le crowdfunding ou en français, le financement participatif. Derrière ce nom un peu barbare se cache en fait une forme récente de mécénat qui se fait grâce à l’utilisation d’internet. Les internautes intéressés par un projet quelconque ont ainsi la possibilité de faire des dons en passant par un site de crowdfunding comme kickstarter (le plus connu) ou indiegogo (il en existe des dizaines). Depuis quelques temps des projets dans le domaine du spatial sont ainsi lancés régulièrement, certain avec beaucoup de succès, d’autres avec des résultats beaucoup plus mitigés. Nous allons énumérer ici quelques-uns de ces projets. nous commençons avec celui présenté sur la vidéo ci-dessus. Pour les passionnés de spatial, vous avez déjà du entendre parler du propulseur électrique VASIMR de la société Ad Astra Rocket Company (AARC), fondée en 2005 par Franklin Chang Diaz, un physicien et astronaute de la NASA (7 vols de navette spatiale). De manière résumée, VASIMR est un propulseur au sein duquel un gaz est ionisé par rayonnement électromagnétique et ensuite accéléré grâce à un champ magnétique. La particularité de ce propulseur est la forte poussée qu’il permet (plusieurs newtons, ce qui est conséquent dans le domaine de la propulsion électrique) et ainsi son utilisation dans des voyages interplanétaires habités est envisagée. Il a été  indiqué que l’on pourrait atteindre Mars en 39 jours avec VASIMR mais la quantité limitée d’énergie présente à bord d’un vaisseau spatial rend ce nombre peu vraisemblable dans un futur proche. Toujours est-il qu’Ad Astra Rocket continue ses travaux et cherche maintenant à financer un film promotionnel pour sa technologie. Elle estime donc qu’au moins 46 000 dollars lui sont nécessaires pour réaliser ce film et demande donc aux internautes du site kickstarter de lui fournir cet argent. A 8 jours de la fin de la campagne kickstarter, la société a déjà récolté plus de 41 000 dollars et donc il ne fait aucun doute que la somme demandée sera atteinte. On peut imaginer qu’à travers ce film, AARC souhaite promouvoir VASIMR pour obtenir un soutien politique et public (et donc financier) plus important.

Voici maintenant un autre projet très original proposé par la société américaine HyperV Technologies Corp (déjà à l’origine d’un autre projet kickstarter portant sur la propulsion plasmique qui à réussi à récolter 72 871 dollars) et qui concerne le lancement de charges utiles en orbite. Depuis les début de l’ère spatiale nous lançons des objets dans l’espace grâce à des fusées propulsées chimiquement et cette méthode a fait ses preuves bien que des inconvénients persistes: coûts importants, fréquence de lancement faible, lourdeur des infrastructures où encore problème de sur-dimensionnement des fusées par rapport à leur charge utile. A l’heure actuelle il n’existe pas de réelle alternative à ce moyen de lancement bien que l’on évoque parfois des projets futuristes comme les railguns où encore l’ascenseur spatial. HyperV présente donc aux internautes un nouveau moyen de mise en orbite de charges utiles: le Slingatron. Son fonctionnement est relativement simple puisqu’il ne se base que sur de la mécanique classique: pas de chimie, pas d’électromagnétisme et ainsi une simplicité relativement importante permet à ce système d’être envisageable à court terme. Voici de manière résumée son fonctionnement: un système de tubes rigides disposés en forme de spirale (voir image ci-dessous) est mis en rotation ensuite la charge utile est insérée au centre de ce système et se met à suivre ces tubes en accélérant au fur et à mesure qu’elle s’éloigne du centre jusqu’à être éjectée à une vitesse qui dépend de la vitesse de rotation du système ainsi du rayon de celui-ci (voir cette vidéo d’un précédent prototype construit). Les créateurs de cette technologie estime qu’il est possible d’atteindre les vitesses nécessaires pour mettre en orbite la charge utile (de l’ordre d’une dizaine de km/s). Dans ce projet kickstarter, HyperV demande au moins 250 000 dollars pour lui permettre la construction d’un prototype de Slingatron de dimension réduite (5 m de diamètre) tournant à 40-60 cycles par secondes et permettant d’éjecter un projectile d’environ 500 g à 1 km/s (il n’ira pas dans l’espace). Ce concept de lanceur semble prometteur car il est totalement réutilisable, peu cher et permet une fréquence de lancement très élevée (plusieurs lancements par jour) mais il présente aussi quelques inconvénients: l’accélération subie par la charge utile rend ce système totalement inadapté au lancement d’astronautes et même pour des sondes robotiques les contraintes que celles-ci subiront seront telles que de nouveaux critères devront êtres établis pour la mise au point de matériel adapté au Slingatron. Néanmoins il est agréable de voir de nouveaux conceptx arriver dans le domaine du spatial et le fait que le public puisse directement y contribuer rend l’aventure encore plus excitante. Affaire à suivre. Dans la deuxième partie de cet article nous parlerons des projets ayant échoué à récolter les fond minimums qu’il s’était fixés.

Le Slingatron qui sera construit grâce aux fond récoltés sur kickstarter.

Le Slingatron qui sera construit grâce aux fonds récoltés sur kickstarter.

La société suisse S3 veut construire sa navette suborbitale.

Du nouveau venu dans le monde du suborbital. La société suisse Swiss Space Systems (S3), annoncée en mars dernier, est la première européenne à se lancer réellement dans la course au suborbital et au lancement de petites charges en orbite. Lors de la présentation de l’entreprise il était question  de mettre au point une petite navette suborbitale qui transporterait  dans sa soute un satellite de 250 kg (ainsi que des nanosatellites). Cet engin, nommé SOAR, serait lancé à partir d’un AIRBUS A300 zéro G d’une façon semblable au SpaceShipTwo de Virgin Galactic à la différence que la navette serait installée sur le dessus de son avion porteur. Le système de S3 se présente comme un concurrent direct du Launcher One de la société de Richard Branson. D’une manière générale ce genre de projet est à prendre avec beaucoup de pincettes car nombreuses sont les ambitieuses startups aujourd’hui disparues mais dans ce cas plusieurs indices nous laissaient penser que l’affaire était sérieuse. D’abord on retrouve comme conseiller principal le premier astronaute suisse Claude Nicollier, présent sur 4 missions de navettes américaines différentes. Ensuite l’entreprise compte actuellement 40 employés, ce qui représente un nombre important dans ce domaine (par exemple des entreprises comme Masten ou Armadillo ne comptent qu’une dizaine de membres). Enfin, et surtout, le budget global actuel de S3 est de plus de 260 millions de dollars, ce qui est imposant. Le sponsor principal est le célèbre horloger suisse Breitling et Dassault Aviation ou encore l’ESA soutiennent techniquement le projet. Aujourd’hui, Swiss Space Systems annonce un accord avec Thales Alenia Space et le centre des astronautes de l’ESA pour préparer une version habité de la navette SOAR qui succéderait au système de lancement décrit précédemment. L’objectif à long terme est de permettre le voyage intercontinental à une vitesse de Mach 3. L’accord avec Thales concerne d’abord la mise au point de matériel de recherche en micro-gravité et en biologie. La mise en service de la navette destiné au lancements commerciaux reste la grande priorité et le premier vol est prévu pour 2018. Voici une autre vidéo (en français) prise au bourget. En tout cas, il est agréable de voir un tel projet ici, en Europe, et nous ne pouvons que souhaiter que celui-ci soit un succès.

La navette SOAR sur le dos d'un airbus A300.

La navette SOAR sur le dos d’un airbus A300.

Voyagerons-nous un jour plus vite que la lumière ?

Vue d'artiste d'un warp drive

Vue d’artiste d’un warp drive

Nous abordons ici un sujet relevant pour l’heure actuelle plus de la science-fiction que de la réalité mais des avancées récentes en provenance de la NASA et, avouons-le, un penchant pour le rêve justifie que l’on s’intéresse au voyages dans l’espace à une vitesse plus élevée que celle de la lumière. Rappelons d’abord que normalement, selon la théorie de la relativité restreinte d’Einstein, atteindre une vitesse supérieur à environ 300 000 km/s est impossible. Cette vitesse, appelée célérité c par les physiciens, est donc une constante fondamentale de la physique et une limite pour la propagation de la matière et de l’information. A l’heure actuelle cette limitation ne nous est pas vraiment perceptible et ne nous empêche en rien d’avancer puisque nous vivons et nous déplaçons dans une portion de l’espace relativement petite. En revanche, pour nos descendants il est envisageable qu’un jour cette limite soit un frein à l’expansion de l’Humanité dans l’espace (si bien sur elle en décide ainsi). Si on imagine que nous puissions construire un vaisseau qui irait à 1% de la vitesse de la lumière, ce qui est déjà énorme comparé à ce qui se fait actuellement, il lui faudrait tout de même 400 ans pour atteindre alpha du centaure, le système triple d’étoiles le plus proche de notre Soleil. A 10% de la vitesse de la lumière on arrive à 40 ans de voyage, c’est déjà plus acceptable puisqu’un jeune être humain pourrait survivre à une telle expédition. De plus, il convient de souligner que plus nous nous approcherions de la constante c plus nous serions aidés par un des aspects les plus incroyables de la relativité restreinte: l’écoulement du temps dépend du référentiel (par exemple le référentiel Terre et le référentiel vaisseau spatial) dans lequel on le mesure. Ainsi, les occupants d’un vaisseau allant à 10% de c ne verraient pas, montre en main, 40 ans mais environ 39 ans et 292 jours. C’est peu mais c’est déjà ça de gagné. A 99% de c le voyage ne durerait qu’un peu plus de 6 mois pour les occupants, un temps tout à fait acceptable pour découvrir un autre système planétaire (puisqu’il semble qu’Alpha du centaure possède au moins une planète). Il convient néanmoins d’insister sur le fait que pour les gens restés sur Terre il se sera écoulé environ 4 ans. On voit donc que le voyage interstellaire n’est pas totalement irréaliste; surtout pour ceux qui voyageront (juste pour rêver, si vous réussissez à construire un engin voyageant à 99.9999999% de la vitesse de la lumière, vous pourrez traverser notre galaxie en 2 ans et demi (oui vous avez bien lu) alors que sur Terre il se sera écoulé 80 000 ans, autant dire qu’il ne faudra pas compter revoir un jour vos proches).

Colonie spatiale de type "tore de Stanford"

Colonie spatiale de type « tore de Stanford »

On peut donc maintenant se demander quelles solutions sont envisageables dans un avenir plus au moins lointain pour coloniser l’espace. La première solution serait de ne pas chercher à tout prix à atteindre des vitesses relativistes et de s’adapter aux longs voyages dans l’espace en construisant des vaisseaux gigantesques totalement autonomes en terme d’énergie et de vivres. Un tel mastodonte de l’espace reproduirait une gravité artificielle, produiraient son énergie à partir de réacteur nucléaire à fission ou encore à fusion, sa nourriture grâce à de l’agriculture et serait propulsé de manière classique, par exemple grâce à des propulseurs ioniques. Ces vaisseaux seraient des colonisateurs et aucun des colons ne reverrait la Terre ni même sa destination, seuls ses descendants seraient encore en vie à l’arrivée du vaisseau. La seconde solution consiste à effectivement tenter de s’approcher le plus possible de la vitesse de la lumière pour réduire le temps de voyage et permettre des voyages avec retour sur Terre. Cette solution est technologiquement nettement plus hypothétique car plus on cherche à s’approcher de c, plus l’énergie requise est importante (l’énergie augmente avec le carré de la vitesse en approximation non relativiste et tend vers l’infini quand on tend vers c). La production ainsi que le stockage de l’énergie sont donc des freins majeurs pour cette solution. Actuellement la source d’énergie la plus prometteuse est l’antimatière puisque son rendement énergétique est de 100% (la matière et l’antimatière, en se rencontrant, s’annihilent en énergie). Seulement la production ( dans les accélérateurs de particules) et le stockage (grâce à des champs magnétiques) sont encore loin d’être des domaines technologiques maîtrisés. On en vient donc au sujet d’actualité suggéré par le titre de cet article. La solution la plus incroyable, mais aussi la plus hypothétique, serait de mettre au point un système propulsif qui permettrait de s’affranchir de la limite c et donc de voyager plus vite que la lumière. En 1994, le physicien mexicain Miguel Alcubierre imagine, dans le cadre de la théorie de la relativité , une méthode qui permettrait de réaliser un tel exploit. De manière schématique, sa solution consisterait à manipuler l’espace-temps lui même (cette chose à 4 dimensions dans laquelle nous vivons, évolution, due à Einstein, de l’espace classique à 3 dimensions et où le temps était considéré comme quelque chose d’absolue, étant le même pour tout le monde). Un vaisseaux utilisant cette méthode contracterait donc l’espace-temps devant lui et le dilaterait derrière. C’est en quelque sorte l’espace-temps qui « bouge » à notre place et le nom de ce concept est « warp drive », en référence à star trek. Cette astuce permet d’éviter de violer les principes de la relativité en théorie. Mais la où la solution d’Alcubierre pose problème c’est dans l’utilisation d’une forme d’énergie encore non découverte: l’énergie négative. Et de plus la quantité d’énergie requise dans les calculs du physicien est pharaonique, à tel point qu’elle s’apparente à quelque chose d’impossible. C’est dans ce contexte qu’un physicien de la NASA, Harold “Sonny” White, a récemment présenté une avancée majeure sur ce point: d’après de nouvelles simulations numériques, la quantité d’énergie nécessaire pour réaliser une telle distorsion de l’espace-temps serait des millions de fois moins importante que celle prédite par Alcubierre en 1994. Grâce à ces résultats encourageants, la NASA a décidée de soutenir de manière plus importante le physicien et son groupe de recherche Eagleworks au Johnson Space Center, à Houston. Il faut dire que selon lui, il serait possible d’ici à 100 ans, d’atteindre grâce à un tel warp drive le système Alpha de Centaure en 2 semaines (!). On peut imaginer que le chercheur s’est peut être un peu emporté en avançant de tel affirmations mais pour obtenir des fonds, la méthode n’est pas forcément bête. Affaire à suivre donc, tout en rappelant que cet article relève plus de la science-fiction pour le moment ( et certainement pour encore un long moment) et qu’il convient de rester prudent sur les affirmations de scientifiques promettant des choses incroyables dans des intervalles de temps très courts. Cela ne nous empêche par contre pas de rêver.

L'Enterprise de star trek sera t'il un jour du domaine du possible ?

L’Enterprise de star trek sera t’il un jour du domaine du possible ?

Planetary Resources lance une campagne de crowdfunding.

La page kickstarter de Planetary Resources.

La page kickstarter de Planetary Resources.

La jeune startup Planetary Resources vient de lancer, plus d’un an après sa présentation au public, une campagne de crowdfunding (financement participatif) sur le célèbre site kickstarter. L’Objectif premier de cette initiative est de récolter 1 million de dollars d’ici au 30 juin 2013. Pour rappel, cette société a été fondée par Peter Diamandis, déjà à l’origine de la X Prize Foundation  et Eric Anderson l’homme derrière Space Adventure, la seule entreprise au monde à proposer des voyages pour particulier à destination de l’ISS. Le but ultime de Planetary Resources est de mettre en place un système robotique permettant d’exploiter les énormes ressources présentes sur les astéroïdes. Et la première étape pour réussir un scénario aussi ambitieux consiste naturellement à identifier les cibles les plus intéressantes dans l’espace proche de la Terre. L’Arkyd (100), un télescope spatial (comme Hubble), est donc l’objet de cette campagne sur kickstarter, l’argent récolté devant servir à : lancer le satellite dans l’espace (grâce au futur launcherOne de Virgin Galactic), financer les opération de maintien opérationnel du télescope une fois dans l’espace, instaurer un programme d’éducation pour les jeunes et enfin créer une interface de contrôle qui permettra à quiconque d’accéder au satellite et de le contrôler. C’est ce dernier point qui concerne le plus les donneurs, en effet, ceux-ci pourront, ainsi que quiconque le souhaitant, utiliser l’Arkyd pour prendredes photos d’eux mêmes depuis l’espace, l’engin possédant un écran externe. Avec des investisseurs milliardaires comme Larry Page ou Eric Schmidt on peut néanmoins se demander si ces 1 million de dollars changeront quelque chose mais l’initiative peut aussi être vue comme une moyen judicieux d’intéresser et d’impliquer le grand public dans cette aventure qui s’annonce passionnante. Pour participer au financement ou simplement pour s’informer, rendez-vous sur la page kickstarter de Planetary Resources.

Vue d'artiste de l'Arkyd en orbite.

Vue d’artiste de l’Arkyd en orbite.

Les futurs lanceurs spatiaux européens : Ariane 5 ME et Ariane 6

L’agence spatiale européenne (ESA) développe actuellement deux lanceurs spatiaux, Ariane 5 ME et Ariane 6, afin de remplacer la fusée Ariane 5 et la fusée Soyouz qui est utilisée par les européens mais de fabrication russe.

Ariane 5 est pourtant une fusée rentable, du moins actuellement. Elle est leader dans le domaine du lancement des satellites de télécommunication sur l’orbite de transfert géostationnaire, mais l’arrivée de concurrents comme les fusées chinoises ou SpaceX remet en cause ses capacités.

Ariane 5 ME

Une des critiques qui est faite à Ariane 5 est son impossibilité actuelle à redémarrer le moteur de son deuxième étage après un arrêt. En effet certain satellites ont une orbite qui nécessite ce redémarrage. A l’heure actuelle ces contrats sont alors perdus.
La version ME (Midlife Evolution) d’Ariane 5 aura un moteur Vinci pour le deuxième étage qui pourra être redémarré. De plus elle sera plus puissante qu’avant étant capable d’envoyer  12 tonnes en orbite de transfert géostationnaire, contre 9.3 tonnes actuellement. Son premier décollage est prévu entre 2017 et 2019.

Concepts d’Ariane 6 à l’étude

Ariane 6 quant à elle n’est pas encore un projet assuré contrairement à Ariane 5 ME. Elle a reçu en 2012 un budget de 157 millions d’euros pour son étude et la décision de sa fabrication sera prise en 2014. Si ce projet est confirmé le premier décollage de cette fusée pourrait avoir lieu à l’horizon 2021.
Les objectifs de l’ESA pour Ariane 6 sont de développer une fusée extrêmement modulable, qui ne pourra plus lancer deux satellites en même temps come Ariane 5, caractéristique qui s’est révélée décevante. Ses capacités de lancements seront de 3 à 6 tonnes en orbite géostationnaire, une puissance plus faible qu’Ariane 5 et qui correspond mieux aux marché actuel du satellite. Avec Ariane 6 l’ESA confirme donc également sa volonté de ne pas s’engager dans les vols habités qui coûteraient trop cher à l’Europe. L’Europe ne fera donc pas (ou très peu) partie de la course à l’espace, le sujet n’étant sûrement pas assez important chez nous, hélas.

Malgré tout Ariane 6 et Ariane 5 ME sont de très beaux projets et vous pouvez les suivre plus en détaille sur le site de l’ESA. Je vous invite également à lire l’article très intéressant d’Enjoy Space sur les début du fantastique projet Ariane. La France en étant à l’origine on peut tout de même être fiers.

Sélection de vidéos.

Les deux premières vidéos que je vous propose  ne concernent pas particulièrement l’actualité mais elles méritent d’être partagées pour tous ceux qui aiment l’espace et la conquête spatiale. Dans la première on peut entendre l’astrophysicien et vulgarisateur américain Neil deGrasse Tyson expliquer sa vision de la politique spatiale américaine et regretter l’insuffisance des budgets de la NASA pour accomplir ce pour quoi elle est faite: repousser les frontières de l’Homme dans l’univers. La seconde vidéo a été publiée par l’astronaute canadien Chris Hadfield peu après son retour sur Terre à l’issue de l’expédition 35 vers l’ISS, qu’il commandait. Ce dernier s’est fait connaître lors de son séjour de 3 mois dans l’espace en étant très présent sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo il reprend, en le modifiant légèrement, le titre « Space Oddity » de David Bowie. Il s’agît du premier clip musical entièrement enregistré dans l’espace. Chris Hadfield est donc ingénieur, pilote de chasse (il a volé sur plus de 70 aéronefs différents), astronaute et maintenant chanteur… Beau CV.

Un peu de robotique maintenant. La vidéo ci-dessous présente les dernière avancées des chercheurs de l’université de Pennsylvanie avec le robot RHex. Voici ses nouvelles capacités: Il peut sauter de 30 cm (200% de sa hauteur), réaliser un double saut sur une longueur totale de 60cm (120% de sa longueur) et escalader une marche de 29cm par un double saut. Le plus étonnant c’est que le robot pèse 6.7 kg et fait 51 cm de long. D’autres vidéos devraient bientôt être disponibles.

Dans cette dernière vidéo ce sont les dernières performances d’un concurrent du cheetah de Boston Dynamics que l’on peut voir. Ce robot, nommé comme son compère, est développé par le Biomimetic Robotics Lab du prestigieux MIT et vise aussi à établir un record de vitesse pour un robot. Capable d’atteindre 22km/h, il est encore loin des 45.06 km/h du robot de Boston Dynamics mais ses progrès sont importants, notamment dans le domaine de l’efficacité énergétique (définie à partir de la puissance fournie pour une vitesse et une masse donnée) . En effet, il est environ 30 fois plus économe que son concurrent et son efficacité rivalise avec les animaux « coureurs ». Grâce à l’utilisation de montages inspirés du vivant et d’un système de récupération de l’énergie (semblable à celui présent dans les voitures lors du freinage), le robot peut avancer à 8,3 km / h pendant 1,23 heures, soit sur une distance d’environ 10 km  avec seulement 3 kg de batteries !  (NB: Remarquez sur la vidéo ci-dessous la qualité de la transition entre le galop et le trot).

Mars One prévoit d’envoyer des hommes sur Mars dès 2023

Vous avez sûrement entendu parler du projet Mars One.
Cette idée sortie de la tête de l’ingénieur néerlandais Bas Lansdorp fait rêver ; il souhaite envoyer sur Mars un groupe de quatre  personnes dès 2023. L’originalité de cette mission est qu’elle ne comporte pas de voyage de retour. Les individus qui feront le voyage ne reviendront pas sur Terre et établiront sur la planète rouge une colonie humaine.
Vous pouvez voir la vidéo de présentation de la mission ci-dessous :

Selon le créateur du projet, cette mission serait réalisable dès aujourd’hui en utilisant les techniques actuelles. Pour cela il souhaite développer des partenariats avec des entreprises existantes du spatial comme SpaceX, dont nous avons déjà beaucoup parlé dans ce blog.

D’abord vous me direz : mais qui pourrait vouloir prendre un aussi gros risque et quitter la Terre pour passer le reste de ses jours dans un espace confiné? Personne… Et bien détrompez vous ! La session de recrutement pour les futurs astronautes du projet a commencé le 22 avril 2013 et après deux semaines 78000 candidats avaient déjà postulé pour faire le voyage.

Ensuite vous penserez évidemment : mais comment pourront-ils financer un voyage pareil? (estimé à 6 milliards de dollars, une bagatelle…) C’est là que vient l’idée particulièrement ingénieuse des équipes de Mars One. Ils souhaitent médiatiser le choix des astronautes du projet sous le format d’une émission de télé-réalité internationale. Les revenus des audiences financeraient alors l’énorme quantité d’argent nécessaire au projet.

Mars One peut ressembler à une idée folle et irréaliste mais elle est tout de même soutenue par de grands noms, tel le Pr Gerard’t Hooft prix Nobel de physique ou bien Paul Römer fondateur de l’émission de télé-réalité Big Brother. Donc si vous vous sentez l’âme de pionniers et si vous voulez être les premiers hommes à fouler la surface martienne, vous pouvez postuler sur le site de Mars One. Vous augmenterez peut-être le nombre de français inscrits, qui sont pour l’instant au nombre de … 6.

Le SpaceShipTwo effectue son premier vol propulsé.

Ce Lundi 29 avril 2013 restera peut être comme un grand jour dans l’histoire du tourisme spatial. En effet, c’est en début de matinée, au Mojave Air and Space Port en Californie, que l’engin suborbital de Virgin Galactic s’est détaché de son avion porteur WhiteKnightTwo pour peu de temps après allumer son moteur-fusée hybride. C’est la première fois que la société de Richard Branson réalise un tel vol propulsé, considéré comme une étape cruciale du développement du vaisseaux. Sur la vidéo ci-dessus on peut voir les images impressionnantes de ce vol de 13 minutes dont 16 secondes avec le moteur allumé. Ce dernier est développé pour Virgin Galactic par la société Sierra Nevada Corporation, connue pour son projet de navette spatiale DreamChaser ». Dans les prochains mois, l’équipe de test va continuer ces vols propulsés avec des durées de tir de plus en plus longue qui aboutiront à un vol spatial complet (culminant à une centaine de km d’altitude), que Virgin Galactic espère réaliser avant la fin 2013.

Le SpaceShipTwo avec son moteur allumé.

Le SpaceShipTwo avec son moteur allumé.