FuturScience

Le Xombie de Masten réalise son plus haut et son plus long vol.

La startup Masten Space Systems vient de publier la vidéo du vol  du 25 mars 2013 de son engin à décollage et atterrissage vertical nommé « Xombie ». Pour rappel ce dernier est destiné d’abord à tester et mettre au point les technologies nécessaires pour ce type de vols. Dans le cadre d’un partenariat avec les laboratoires Draper, Xombie est équipé d’un système de navigation et de contrôle nommé GENIE lui permettant de simuler des approches de type atterrissage (landing) sur d’autres corps du système solaire. Le test en question, effectué au spatioport de Mojave, a vu le véhicule atteindre une altitude de 490m et se déplacer latéralement de 300m pour atterrir à un autre endroit que son point de départ. Le vol a duré en tout 1 min 23. Comme évoqué dans un précédent article, l’objectif  à terme de Masten n’est pas, contrairement à Armadillo Aerospace, d’utiliser ces technologies pour mettre au point un véhicule suborbital habité. Les missions principales consisteront à transporter du matériel pour des institutions sur des vols suborbitaux culminants à une centaine de kilomètres d’altitude.

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XCOR atteint une étape cruciale dans la mise au point du moteur de son futur vaisseau suborbital.

Comme on en parlait dans un autre article, la société XCOR Aerospace conçoit actuellement le Lynx Mark I (image ci-dessous), un véhicule suborbital qui permettra à deux personnes (un pilote et un passager) d’atteindre une altitude de 60 km pour la somme de 95 000 $. L’engin, contrairement au projet de Virgin Galactic, sera propulsé par ses propres moyens et c’est à ce sujet que XCOR vient d’annoncer avoir atteint une étape importante. La vidéo du test montre un tir d’une durée de 67 secondes du moteur (d’une poussée de plus de 1.1 tonnes) qui propulsera le Lynx (en fait celui-ci possédera 4 moteurs de ce type). La différence avec les systèmes de propulsion actuels réside dans l’utilisation de pompes à piston à la place de turbopompes ce qui évite le besoin de réservoir d’ergols (kérosène et oxygène liquide) sous très haute pression. Ce système permettra aussi au Lynx de voler plusieurs fois par jour et pour des dizaines de milliers de vols. Le premier vol du Lynx Mark I est prévu pour cette année.

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Stratolaunch Systems présente le nouveau design de son avion géant.

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Dans l’histoire de l’aviation il existe des projets hors-normes qui sortent de l’esprit d’ingénieurs ou de riches passionnés talentueux et audacieux. Howard Hughes et son « Hughes H-4 Hercules », l’A380, l’Antonov An-225 ou encore le Concorde font parti de ces projets qui ont abouti, avec plus ou moins de réussite. Aujourd’hui il existe un projet d’avion appartenant à cette catégorie à part dans l’aéronautique. L’engin se nomme Model 351 « Roc » et est construit par Scaled Composite pour le compte de la start-up Stratolaunch Systems fondée en 2011 par le milliardaire Paul Allen, l’un des deux hommes (avec Bill Gates) à l’origine de Microsoft. A l’origine de ce projet, il y a un concept sorti de l’esprit génial de Burt Rutan, une légende de l’aéronautique et du spatial (il est le concepteur du premier vaisseaux suborbital habité privé). Comme pour Virgin Galactic et son système WhiteKnightTwo/SpaceShipTwo, l’idée de ce projet est d’utiliser un avion porteur qui transportera un lanceur jusqu’à une certaine altitude avant de le lâcher pour qu’il allume ses moteurs et s’insère ainsi en orbite terrestre. La particularité de ce système est d’abord qu’il est destiné au transport commercial (la vol habité ne fait pas parti des plans à l’heure actuelle) mais ensuite et surtout que l’avion porteur sera gigantesque. En effet, avec une envergure d’environ 117 m, il sera le plus large de toute l’histoire de l’aviation. Après le départ de SpaceX du projet suite à des incompatibilités de chaîne de production, c’est la société Orbital Sciences Corporation qui devrait finalement concevoir le lanceur aéroporté. Aujourd’hui, Stratolaunch vient donc de dévoiler le design final de son avion porteur (image ci-dessus). L’ancien design est celui sur l’image ci-dessous. L’engin est construit en reprenant des « morceaux » de deux boeing 747. Le premier vol de l’avion porteur serait prévu pour 2015.

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Les news spatiales de la semaine.

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Dans sa quête de commercialiser des vols suborbitaux dès l’année prochaine, Virgin Galactic continue ses tests. Le vendredi 8 mars 2013 un nouvel essai du moteur de son SpaceShipTwo (SS2), le RocketMotorTwo, a été réalisé par les ingénieurs. Il s’agît du second essai d’une courte série de tests de qualifications avant le premier vol propulsé de SpaceShipTwo, qui devrait intervenir très prochainement. La photo ci-dessus a été prise lors de ce test.  Le test a duré entre 15 et 30 secondes et il s’agît du 26ème essai au total. En plus du moteur, Virgin Galactic (et Scaled Composite, la société de Burt Rutan qui construit le système surborbital pour Virgin) a fait voler les 11 et 14 mars dernier l’avion porteur de SS2, le WhiteKnightTwo. Ces vols ont pour objectifs d’entraîner et de former les pilotes ainsi que d’effectuer des tests sur les systèmes de vol.

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Orbital Sciences Corporation vient d’annoncer qu’elle vise un lancement entre les 16 et 18 avril prochains pour son lanceur Antares (photo ci-dessus). Rappelons que ce lanceur est destiné à mettre en orbite le cargo ravitailleur Cygnus pour l’ISS. Lors de ce vol inaugural il n’y aura pas de cargo installé, l’objectif principal de cette mission étant de validé le lanceur. Autres nouvelle récente du côté de Mars, le rover Curiosity, alors qu’il rencontre des problèmes (la mémoire du rover aurait été corrompue. Par mesure de précaution, le mode repos avait été déclenché, car il ne fallait pas l’endommager davantage) a permis de confirmer grâce à l’analyse d’échantillons recueillis à l’intérieur du premier forage que la vie a pu exister sur Mars. La découverte de soufre, d’azote, d’hydrogène, d’oxygène, de phosphore et de carbone va dans ce sens car il s’agit là de quelques-uns des ingrédients chimiques essentiels à la vie. Toujours concernant la planète rouge, on a appris avec plaisir que la mission ExoMars est définitivement lancée grâce à l’accord qui a été signé entre Jean-Jacques Dordain (directeur de l’ESA) et Vladimir Popovkin (directeur de Roscosmos) au siège parisien de l’Esa. Le programme ExoMars comprend deux missions qui seront lancées en 2016 et 2018. Enfin on peut signaler le retour sur Terre de l’équipage de l’expédition 34 de l’ISS composé de deux russes et un américains (photo ci-dessous). L’expédition a duré plus de trois mois.

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Le Grasshopper de SpaceX atteint 80m.

Nous parlions dans un précédent article du projet Grasshopper de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, et aujourd’hui une nouvelle vidéo vient nous montrer le dernier essai de ce prototype constitué d’un premier étage de Falcon 9 et d’un moteur Merlin 1-D. Le 7 mars dernier, le Grasshopper a doublé sa dernière performance en atteignant 80,1 mètres durant un vol d’environ 34 secondes. L’objectif final visé par SpaceX avec ce projet est la mise au point d’un lanceur 100% réutilisable qui permettrait de faire baisser drastiquement les coûts de mise en orbite. Ce test est le quatrième d’une série de vols d’essai où à chaque fois, l’altitude visé augmente. En Septembre dernier, Grasshopper a volé à 2,5 mètres, en novembre, il a volé à 5,4 mètres et en décembre, il a volé à 40 mètres. D’autres vols, de plus en plus ambitieux, auront lieux dans l’année.

Lancement réussi pour la capsule Dragon

Comme prévu, SpaceX a lancé sa capsule Dragon grâce à sa fusée Falcon 9 le 1er mars 2013 depuis Cap Canaveral, en Floride. C’est la seconde mission effectuée dans le cadre du programme Commercial Resupply Services (CRS) de la NASA qui demande à deux sociétés (SpaceX et Orbital) de ravitailler l’ISS (la station spatiale internationale) en vivres et matériels scientifiques. La Falcon 9 a fonctionné parfaitement jusqu’à la séparation du deuxième étage et de la capsule Dragon mais ensuite cette dernière a rencontrée des problèmes mineurs avec les réservoirs de ses moteurs. Le déploiement des panneaux solaires a donc été retardé le temps que les ingénieurs de SpaceX résolvent le problème, ce qui a été fait en quelques heures. En condition nominale pour poursuivre sa mission, Dragon a recalculée sa trajectoire et est maintenant en chemin pour atteindre l’ISS dimanche, un jour plus tard que prévu. La capsule apporte une cargaison d’une demi-tonne contenant notamment des expériences scientifiques. A la fin du mois, elle retournera sur Terre grâce à son bouclier thermique et rapportera, entre autres, des résultats de précédentes expériences.

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L’Inspiration Mars Foundation présente son projet.

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L’Inspiration Mars Foundation et son fondateur Dennis Tito (IMF) viennent de présenter leur projet d’expédition vers Mars lors d’une conférence devant les médias et retransmise sur internet. Comme les rumeurs le laissaient entendre, l’objectif de la mission est d’envoyer deux personnes, un homme et une femme, vers Mars pour un voyage de 501 jours. Le lancement est déjà prévu pour le 5 janvier 2018. Une fois en orbite terrestre, la capsule contenant les deux astronautes effectuera un rendez-vous avec un module gonflable pour permettre à l’équipage de disposer de suffisamment de place et d’équipements. Ensuite le voyage commencera et une fois proche de Mars, la capsule orbitera autour de cette dernière à une distance de 160 km. Il n’y aura aucun contact avec le sol martien, cette mission consiste « juste » en un survol de la planète rouge. Une fois le trajet retour effectué, le module gonflable sera détaché avant la rentrée dans l’atmosphère terrestre et l’équipage deviendra ainsi celui s’étant le plus éloigné de la Terre dans l’Histoire. Pour le moment l’IMF n’a pas indiquée qui fournira la capsule et le module gonflable (bien que des discussion avec SpaceX semblent en cours et que pour le module gonflable on imagine que Bigelow Aerospace pourrait posséder le savoir-faire nécessaire). Pourquoi choisir la date de janvier 2018 pour le lancement de cette ambitieuse mission ? En fait il y a deux arguments majeurs mais le principal est qu’à cette date, la configuration des planète sera telle que le temps du trajet sera minimal. Une situation comme celle ci n’arrive que deux fois tout les 15 ans. Après 2018, la prochaine opportunité similaire ne se présentera qu’en 2031. Une autre raison mais qui est plus due au hasard est que cette période correspond par chance à un minimum d’activité solaire et donc l’équipage sera relativement épargné par les radiations qui présentent, on le sait maintenant, un danger important pour la santé. La Nasa, ainsi que quelques entreprises, est déjà engagée avec l’IMF dans des études et des collaborations pour mettre en place cette mission. Quand au financement, il se fera grâce à des dons philanthropiques et peut être des soutiens d’états intéressé par une telle aventure. Vous pouvez trouver d’autres informations sur le site officiel de l’IMF, ici.

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Les news spatiales de la semaine.

Comme prévu, Orbital Sciences Corporation a réalisée l’allumage test du moteur de sa fusée Antares le 22 février 2013 (vidéo ci-dessus). Le tir a duré 29 secondes et ses principaux objectifs étaient de s’assurer que les systèmes de ravitaillement du complexe de lancement et que le premier étage d’Antares fonctionne correctement dans un environnement pleinement opérationnel. Après le succès de cet essai, Orbital va nettoyer les moteurs des propergols résiduels et reconditionner l’unité de test. Peu de temps après avoir terminé cette étape, Orbital va déployer le système complet à deux étage de la fusée Antares pour préparer le premier vol, qui devrait avoir lieu dans environ six semaines.

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Après les projets de tourisme lunaire, d’exploitation des ressources minières des astéroïdes ou encore de stations spatiales privées, une nouvelle initiative, très ambitieuse, va être annoncée le 27 février prochain à Washington. L’organisation à l’origine de ce projet se nomme « Inspiration Mars Foundation » (IMF) et l’homme à la tête de cette dernière n’est autre que le millionnaire Dennis Tito, le premier touriste spatial de l’Histoire (il a effectué un vol vers l’ISS en 2001 pour un montant de 20 millions de dollars). Pour le moment on sait encore peu de choses sur l’IMF mais elle ne semble pas destinée à faire du profit et le plan actuel serait de lancer une mission vers Mars en janvier 2018 grâce à une fusée Falcon Heavy de SpaceX ainsi qu’à une capsule Dragon fortement modifiée pouvant accueillir 2 astronautes. Il n’y aurait pas d’atterrissage sur la surface de prévu et le voyage de 501 jours consisterait principalement en un survol de la planète rouge. Nous reparlerons de cet ambitieux projet le 27 février prochain.

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En prévision de l’Exploration Flight Test 1 ou EFT-1, le premier vol, prévu en 2014, sans équipage du véhicule spatial Orion lors duquel le vaisseau effectuera deux orbites terrestres et une rentrée atmosphérique à haute vitesse (environ 32 000 km/h), l’entreprise ATK vient de livrer le système d’évacuation d’urgence en cas de problème au lancement au centre spatial Kennedy. Bien qu’il soit configuré avec du propergol inerte car le vol EFT-1 ne sera pas habité, le système permettra à la NASA de simuler le même poids, la même structure et l’aérodynamique de la configuration du moteur lors d’un vrai vol habité. Autre nouvelle, si vous êtes intéressés, il sera possible de suivre en direct la seconde mission de ravitaillement de l’ISS par la capsule Dragon de SpaceX (patch de la mission ci-dessous). En effet, la NASA diffusera le lancement sur son site à partir de 13h30 GMT (le lancement aura lieu à 15h10GMT) le 1er mars prochain (vous pourrez aussi suivre le lancement sur le forum de la conquête spatiale ici).

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Des robots qui travaillent en équipe pour l’exploration spatiale.

On avait déjà parlé du futur de la robotique spatiale dans un précédent article notamment au travers des robots allemands du DFKI et  de son Centre d’Innovation en Robotique à Brème et aujourd’hui ce laboratoire nous présente son nouveau projet: RIMRES (Reconfigurable Integrated Multi Robot Exploration System). Les robots envoyés jusqu’à maintenant sur les corps du système solaire sont à chaque fois seuls et la collaboration entre différentes machines au sol est absente alors que des études ont montrées l’intérêt de tels systèmes se partageant les tâches pour accomplir un même objectif. Ici il s’agît de deux robots: un rover nommé SHERPA et un hexapode (6 pattes) nommé CREX. Le premier transporte le deuxième sous son « ventre » et le dépose une fois qu’il a repéré un lieu qui présente un intérêt géologique ou un interêt en terme de ressources. Les modes de locomotion des deux robots sont différents car pour les grandes distances les roues sont plus adaptés alors que pour l’exploration de cratères, cavités et autres structures difficiles à explorer les pattes robotiques de CREX conviennent mieux. La vidéo ci-dessus montre une animation de ce que pourrait être ce système lors d’une expédition sur la Lune.

La vidéo ci-dessus nous permet de voir que le projet n’est pas qu’une simple animation en image de synthèse et qu’il est même relativement bien avancé. Les robots sont construits et les manoeuvres communes, notamment celles de capture et de libération de CREX, sont en cours de test. SHERPA, d’une masse d’environ 200 kg pour ces tests, aura aussi la possibilité de se servir de son bras robotique comme d’une jambe pour se dégager d’une situation semblable à celle qu’a rencontré le rover Spirit. Il n’y a pas pour le moment de mission prévue par l’agence spatiale européenne utilisant le système RIMRES mais si un jour la décision était prise d’en réaliser une, la Lune serait une destination intéressante, notamment pour effectuer des tâches de spéléologie dans les profonds cratères des pôles et les grottes lunaires à la recherche de caches de glace et d’autres matières. Si vous voulez en savoir plus, c’est ici.

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Le tourisme suborbital.

Il y a aujourd’hui plusieurs projets en cours dans le domaine du tourisme suborbital (dont le New Shepard de Blue Origin) et parmi ces projets, celui de Virgin Galactic, la société du célèbre Richard Branson, est sans aucun doute le plus avancé. La vidéo ci-dessus donne une bonne idée de l’état actuel d’avancement de leur système suborbital. Ce dernier est composé de deux véhicules: un avion porteur, le WhiteKnightTwo (WK2), et l’avion suborbital lui-même, le SpaceShipTwo (SS2). Le concept est assez original, mais pas nouveau, puisqu’au lieu de partir de façon autonome, SS2 décollera accroché sur le « ventre » de WK2 et se détachera à une altitude d’environ 20km pour ensuite allumer son réacteur et réaliser un vol parabolique culminant à plus de 100km, permettant aux 6 passagers d’atteindre la ligne de Kármán (la limite officielle entre la Terre et l’espace). Le vaisseau sera piloté par deux astronautes et le vol entier durera environ 2h30 pour 6 min d’apesanteur. Pour un prix de 200 000 dollars, les sensations devraient être au rendez-vous notamment avec une vitesse maximale lors de la montée de 4000 km/h (plus de mach 3), une vue imprenable sur la Terre et sa rotondité et un retour en vol plané grâce aux ailes à géométrie variables du SpaceShipTwo. Ce projet fait suite au succès de Burt Rutan et de sa société Scaled Composite dans le concours Ansari X-prize où leur système (WhiteKnight et SpaceShipOne) basé sur le même concept a remporté le prix de 10 millions de dollars en 2004 grâce à deux vols suborbitaux réussis (vidéo ci-dessous). Le programme des tests de SS2 est en cours ainsi que la mise au point du moteur (un accident ayant fait 3 morts chez Scaled Composite en 2007 a considérablement retardé son développement) et le premier vol propulsé devrait avoir lieu d’ici à la fin de l’année. La mise en service de SS2 au Spaceport America (sur cette image avec WK2 et SS2), le premier spatioport commercial au monde, est quand à elle prévue pour l’année prochaine si tout va bien.

Le second projet qui semble le plus avancé est le Lynx Mark I (photo ci-dessous), de l’entreprise américaine XCOR Aerospace. Le concept est ici plus classique puisque l’avion décollera seul depuis n’importe qu’elle piste par ses propres moyens et utilisera ses quatre petits propulseurs LOX/kérosène pour atteindre mach 2 à 42 km et continuer sur sa lancée un vol parabolique culminant à environ 61 km. Le passager, puisque le Lynx compte deux places, une pour le pilote et une pour le client, ne pourra donc pas revendiquer la qualification d’astronaute. Bien que moins ambitieux que le projet de Virgin Galactic, celui d’XCOR vise à instaurer une routine du vol suborbital en effectuant avec chacun de ses véhicules plusieurs vols de 30 minutes par jours et une maintenance requise seulement au bout de 40 missions.Le premier vol est prévu pour cette année et la commercialisation pour 2014. Si le succès est rendez-vous, la société envisage de monter en gamme avec le Lynx Mark II qui lui pourra atteindre la barre des fameux 100 km. Enfin on peut mentionner deux autres projets qui semblent nettement moins avancés: le Space Plane d’Astrium et le véhicule d’Armadillo Aerospace dont nous parlions dans cet autre article. Le Space Plane est un avion classique similaire à un jet d’affaire mais doté d’une propulsion spatiale (utilisant la technologie du moteur Vulcain d’Ariane 5) qui lui permettra d’atteindre les 100 km et mach 3. Il pourra emporter un pilote et 4 passagers. Malheureusement, le coût de développement estimé à 1 milliard d’euros et l’incertitude sur la viabilité du secteur, semblent avoir mis le projet en pause mais on peut espérer qu’avec l’arrivée prochaine de Virgin, XCOR et d’autres, l’Europe, grâce à l’expertise d’Astrium, saura entrer dans la course et ne pas se laisser distancer.

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Quelques nouvelles du spatial.

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Le 8 février dernier, le rover Curiosity a creusé son premier trou dans le sol martien. Celui-ci est visible sur la photo ci-dessus, au centre. A droite on peut voir un essai qui avait été réalisé deux jours plus tôt. Pour réaliser de tels trous, le robot possède une foreuse au bout de son bras articulé. D’une largeur de 1,6 cm et d’une profondeur de 6,4 cm, cet orifice a permis à Curiosity de prélever des échantillons de roches enfouis (et donc protégés) qui seront très prochainement analysés par les instruments du robot. Le but est de détecter des molécules organiques, témoins de conditions ayant été favorables à l’apparition d’une forme de vie sur Mars dans un lointain passé.

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Sur Terre, les entreprises et autres startups du spatial continuent leurs progrès pour commercialiser bientôt des services d’accès au suborbital et à l’orbital. Sur la photo ci-dessus, on peut voir l’état actuel du nouveau véhicule Xaero de Masten Space Systems (le premier a été détruit lors de son 111ème vol, le 9/11/2012, plus d’infos ici). Il devrait effectuer son premier vol d’ici cet été. D’autres photos récentes prises dans les locaux de Masten à Mojave peuvent être vues ici. On a aussi eu des nouvelles de la société Orbital Sciences Corporation avec le test manqué du moteur du premier étage de leur lanceur Antares qui doit réaliser son premier vol avant la fin avril. Cette tentative à eu lieu le 13 février et le décompte avant l’allumage du moteur a été stoppé à la dernière seconde à cause d’un problème dans une purge d’azote dans le compartiment du moteur. Orbital prévoit de retenter un allumage de son moteur avant la fin février. Toujours dans le cadre du programme de ravitaillement de l’ISS par des entreprises privées (Orbital construit Antares et la capsule Cygnus dont nous reparlerons pour cet objectif), SpaceX a annoncée que la date de sa prochaine mission Dragon vers la station était fixée au 1er mars prochain. Enfin, on se demandait récemment comment la Golden Spike Company comptait financer son ambitieux projet d’emmener des hommes sur la Lune et bien aujourd’hui nous avons un premier élément de réponse avec l’annonce du lancement d’une campagne de financement crowdfunding (financement par des internautes). L’objectif visé est de récolter au moins 240 000$ pour pouvoir financer des campagnes de promotions et même des études techniques sur le programme de la startup. Si vous êtes intéressé, cliquez ici pour aller sur la page de la campagne de financement.

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L’exploration de Mars: le futur.

Après avoir vu la situation actuelle de l’exploration martienne, intéressons nous aux futures sondes qui partiront à destination de la planète rouge. Il y a aujourd’hui, de façon certaine, cinq missions en cours avec des dates de lancement qui vont de novembre 2013 à 2020. Sur ces cinq missions, il y en a trois américaines (MAVEN, InSight et un clone de Curiosity que l’on appellera entre nous Curiosity 2.0), une indienne (Mangalyaan) et une franco-russe (ExoMars). Commençons par cette dernière. Après de multiples rebondissements, celle-ci semble enfin sur les rails mais cela n’a pas été simple. En effet, au départ, l’ESA (l’agence spatiale européenne) s’était associée avec la NASA pour réaliser cette ambitieuse et coûteuse mission mais suite aux difficultés financières outre-atlantique cette-dernière s’est finalement retirée du programme (argument discutable puisque peu après l’annonce du retrait américain de cette mission, la NASA annonçait le lancement de Curiosity 2.0). Finalement, l’ESA a réussie à trouver un nouveau partenaire avec Roscosmos (l’agence spatiale russe) et leur partenariat a été confirmé lors de la dernière rencontre des ministres européens en charge de l’espace. ExoMars compte en fait deux missions distinctes: en 2016, un lanceur russe Proton lancera un satellite vers Mars, nommé Trace Gas Orbiter (TGO), qui effectuera des analyses de l’atmosphère martienne et aidera aussi à sélectionner un site d’atterrissage pour le rover de la deuxième mission, en 2018. Pour préparer  et acquérir les technologies nécessaires à son premier atterrissage sur la surface de Mars, l’ESA enverra aussi, aux côtés de TGO, un petit lander nommé « Entry, Descent and Landing Demonstrator Module » (EDM). L’atterrissage se fera grâce à un parachute et des rétrofusées. La deuxième mission du programme ExorMars, en 2018, comprendra un rover (vidéo ci-dessus) et un module d’atterrissage pour celui-ci (construit à 80% par les russes et à 20% par les européens). Ces derniers seront aussi lancés par une fusée Proton à Baïkonour. Le rover aura la particularité de pouvoir forer le sol jusqu’à 2 m pour prélever des échantillons qui pourraient contenir des traces d’une vie passée ou présente.

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Voyons maintenant les futurs engins de la NASA qui iront se poser sur la surface de Mars. Trois projets sont actuellement en cours: MAVEN, InSight (image ci-dessus) et Curiosity 2.0. Le premier est un satellite qui sera lancé entre novembre et décembre 2013 depuis Cap Canaveral par une fusée Atlas V. Il s’insérera en orbite martienne, si tout va bien, le 22 septembre 2014. L’objectif de MAVEN est de déterminer l’histoire de la perte de gaz atmosphériques à travers le temps pour fournir des réponses sur l’évolution du climat sur ​​Mars. La seconde mission, InSight consistera en un lander similaire à Phoenix qui s’est posé sur mars en mai 2008. Le lancement est prévu pour 2016 et le lander emportera deux instruments scientifiques : un sismomètre et un capteur de flux de chaleur s’enfonçant jusqu’à 5 mètres sous la surface du sol. Tous deux doivent fournir des données qui contribueront à mieux connaître la structure et la composition interne de Mars. Enfin, la troisième mission est encore mystérieuse mais on sait que la plupart des technologies développées pour Curiosity seront réutilisées (notamment son système d’atterrissage sky-crane). La date de lancement envisagée à l’heure actuelle est 2020 mais des changements sont possibles.

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Aux côtés des grandes nations du spatial, l’Inde devrait aussi se faire remarquer cette année. Nous reparlerons des projets de l’ISRO (l’agence spatiale indienne) dans un autre article mais celle-ci mène plusieurs projets très ambitieux (notamment un programme habité). Mais ici c’est dans le domaine de l’exploration martienne que nous retrouvons les indiens avec la mission Mangalyaan (photo ci-dessus) qui devrait être lancée en novembre 2013 par un lanceur national, le PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle). D’une masse de 500 kg, la sonde comprendra plusieurs instruments scientifiques qui permettront d’étudier par exemple la présence de méthane dans l’atmosphère martienne mais l’objectif principal de la mission est surtout technologique, Mangalyaan est vu avant tout comme un démonstrateur technologique qui permettra à l’Inde d’acquérir le savoir-faire nécessaire pour la conduite de missions interplanétaires. Si elle réussie, ce sera la première mission asiatique à destination de Mars (si on ne compte pas la Russie comme un pays d’Asie). On peut néanmoins noter que ce n’est pas la première tentative puisque la Chine avait voulu envoyer l’orbiteur Yinghuo-1 vers la planète rouge lors de la missions ratée Phobos-Grunt. Nul doute que la Chine, en tant que nouvelle grande nation du spatial, retentera sa chance très prochainement.

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